Contre les violences

“Les habitants de ces quartiers demandent une seule chose, qu’on arrête de les traiter comme une exception. Ils veulent les mêmes droits que les autres. Tant qu’on n’aura pas compris ça on n’y arrivera pas”, explique Mohamed Mechmache du collectif Aclefeu.

De nouvelles violences ont eu lieu dans la nuit de lundi 20 au mardi 21 avril à Villeneuve-la-Garenne, dans les Hauts-de Seine, mais aussi dans d’autres départements de l’Île-de-France, comme la Seine-Saint-Denis. Ces incidents, feux de poubelles, et de voitures, font suite à un accident entre un motard et la police à Villeneuve-la-Garenne, le week-end dernier. “On ne va pas crier au loup, on appelle au calme, mais il va falloir qu’on ait des réponses”, a déclaré mardi 21 avril sur franceinfo Mohamed Mechmache, fondateur et président du collectif apolitique Aclefeu qui s’est donné pour mission de faire remonter la parole des quartiers populaires auprès des institutions.

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franceinfo : Ces tensions sont-elles liées au confinement ?

Mohamed Mechmache : Ces tensions viennent de ce qui s’est passé à Villeneuve-la-Garenne avec l’altercation entre la police et ce jeune qui est hospitalisé. Ensuite, avec le confinement cela devient très compliqué même s’il a été respecté. Cela l’était déjà à la base dans ces quartiers. Quand vous vivez dans un 40m2 à huit ou neuf c’est compliqué de rester. Cette crise sanitaire ne favorise pas l’arrêt des tensions.

Certains dénoncent une répression accrue et injustifiée dans certains quartiers. Qu’en pensez-vous ?

On ne va pas généraliser. Dans la police, il y a des gens qui font correctement leur travail et il y en a d’autres qui peuvent abuser des situations. J’ai été témoin d’un pauvre Chibani qui va acheter sa baguette, on sait qu’il y a une fracture numérique, les gens ne maîtrise pas la langue, on voit qu’il a la baguette et on lui colle une amende.

Les gens ont déjà la tête sous l’eau, ce n’est pas en les matraquant d’amendes qu’on réglera le problème. Mohamed Mechmach, porte-parole du collectif AC Lefeuà franceinfo

On a vécu en 2005 les révoltes sociales, il ne faudrait pas que les choses aillent plus loin. Moi, j’appelle au calme mais il faut que la lumière soit faite sur cette histoire-là.

Qu’attendez-vous ?

Il faut qu’il y ait une parole politique qui dise que toute la lumière soit faite. On ne va pas crier au loup, on appelle au calme, mais il va falloir qu’on ait des réponses. Je n’excuse pas, j’explique, et je donne des raisons. Mais, il faut qu’à un moment où à un autre, ça cesse. Quand il va y avoir des sanctions il faut qu’elles tombent sérieusement pour ceux qui ne croient plus à la justice puisse se dire qu’il y a la même justice pour tout le monde.

Que faut-il faire ?

Les réponses sur ces quartiers ça fait très longtemps qu’on essaie. On continue à traiter des conséquences et pas de causes. Il y a une souffrance, une inégalité, une injustice à tous les points de vue. Sur la justice sécuritaire, scolaire, de santé, de logement, culturelle. Il y a un fossé. Les habitants de ces quartiers demandent une seule chose, qu’on arrête de les traiter comme une exception. Ils veulent les mêmes droits que les autres. Tant qu’on n’aura pas compris ça on n’y arrivera pas.

Auteur de l’article : admin

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